Emmanuelle Maïsetti

Les histoires commencent souvent avec une maman...

...Et la mienne ne fait pas exception! Mon métier, c'est elle qui me l'a présenté le jour de mes 18 ans.

   J'étais alors, comme la plupart des lycéens, à me demander quelle orientation universitaire allait bien pouvoir étancher ma soif de connaissances. Cependant, je savais que quelque soit mon choix, aucun d'eux ne me permettrait de travailler avec mes mains. Ces mains qui, comme le rapporte Aristote, font de l'homme le plus intelligent des animaux¹. Étais-je donc vouée à ne développer que la moitié de l'intelligence dont on m'avait dotée?

   C'était sans compter sur l'idée inspirée de ma maman qui pour mon anniversaire, m'offrit un stage chez un restaurateur de livres anciens! Quelques larmes furent versées; elle venait de m'offrir le début de ma vie d'adulte.

   Tout me plut, l'odeur du livre ancien, le bruit du plioir tapotant le cuir, le scalpel incisant la matière et surtout cette main sûre et puissante qui semblait travailler en totale liberté, sans aucune entrave, piochant dans un répertoire de mouvements où elle seule avait accès. Je crois que c'est à partir de ce jour que je suis tombée amoureuse du geste, fascinée par cette intelligence de la main².

   J'ai donc entrepris une formation longue qui allait durer 4 ans auprès d'Olivier Maupin et parallèlement, intégré la faculté d'Histoire de l'Art. Durant ces années, j'ai initié ma main à la pratique de la restauration et entraîné mon esprit à l'étude théorique et méthodologique. Ma licence en poche, je restais sur ma faim et c'est grâce au riche fonds d'incunables de la médiathèque de Poitiers que j'ai pu m'initier à la recherche.

   Pendant un an, j'ai ausculté et décrit chacun des incunables du fonds pour aboutir à mon premier mémoire de Master: La structure codicologique des incunables, d'après le fonds de la médiathèque de Poitiers, dirigé par Véronique Meyer, dans lequel j'ai tenté de proposer une typologie descriptive de ces reliures.

   C'est ensuite au Centre d’Études Supérieures de la Renaissance que j'ai validé ma deuxième année de Master. Mon second mémoire m'a donné l'occasion d'interroger la place du livre et de la reliure au sein du patrimoine:  Catalogue des reliures du XVIe siècle conservées au CESR. Réflexions autour de l'objet patrimonial et de la conservation-restauration des reliures, dirigé par Christine Bénévent.

   Ces formations initiales ont posé les bases de ma pratique et de ma conception du métier de conservateur.restaurateur et, aujourd'hui encore, je continue de développer mon savoir-faire auprès de professionnels et d' enrichir mes connaissances au gré des publications et des rencontres.

Je suis maintenant maman d'une petite fille, et j'espère lui faire partager mon amour des choses vraies, des choses belles et authentiques, le goût du travail bien fait, la passion du geste et l'envie d'apprendre, toujours...

¹ Aristote, Les parties des animaux, §10, 687b, éd. Les belles Lettres, trad. P. Louis, p. 136.

² Matthew Crawford, Éloge du carburateur, Essai sur le sens et la valeur du travail, éd. La découverte, Paris, 2016.

 

- Master I Histoire de l'Art, Université de Poitiers.

- Master II mention Patrimoine Matériel et Immatériel, Centre d’Études Supérieures de la Renaissance, Université de Tours.

- Formation à la restauration du patrimoine écrit au C.F.R.P.E.

- C.A.P. Arts de la Reliure et Dorure

 

 

 

 

 

 

 

 

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